Se former au HPI : ce que ça change dans une pratique de soin

La séance est terminée depuis dix minutes, la famille est partie, et vous restez avec cette impression familière : quelque chose, chez cet enfant, ne colle pas avec le motif de consultation. Des questions inhabituelles pour son âge, un décalage entre ce qu’il comprend et ce qu’il produit, des compétences que vos outils habituels n’expliquent pas. Vous n’avez pas le mot. Et vous n’êtes pas certain d’avoir la légitimité pour le chercher.

Cette scène, des ergothérapeutes, des orthophonistes et des médecins me la racontent régulièrement. C’est presque toujours par elle que commence l’envie de se former.

Avant la formation : l’intuition sans la grille

La plupart des professionnels du soin croisent des profils à haut potentiel sans le savoir, ou en le pressentant sans oser le dire. Deux risques symétriques se présentent alors. Le premier : sur-interpréter, et voir du haut potentiel partout, au risque d’induire une attente chez les parents. Le second, plus fréquent : ne rien dire du tout, faute de se sentir légitime, et laisser repartir une famille sans piste, alors qu’une orientation au bon moment aurait changé la suite.

Entre les deux, beaucoup de praticiens naviguent à vue. Ils sentent que le tableau clinique déborde leur cadre habituel, mais ils n’ont ni le vocabulaire pour le formuler prudemment, ni les repères pour savoir quand et vers qui orienter. Ce n’est pas un défaut de compétence dans leur discipline : c’est un angle mort de formation initiale, tout simplement.

Ce qu’une formation change concrètement

Une formation sérieuse au haut potentiel ne transforme pas un ergothérapeute en psychologue, et ce n’est pas son but. Elle change autre chose : la grille de lecture, et la place qu’on occupe dans le parcours de la personne.

Concrètement, cela veut dire savoir quand l’hypothèse d’un haut potentiel mérite d’être envisagée, et quand elle relève du raccourci. Savoir en parler aux parents sans induire, en décrivant des observations plutôt qu’en avançant des conclusions. Savoir vers qui orienter pour un bilan, à quel moment, et avec quels mots. Et savoir articuler tout cela avec sa propre prise en charge, parce qu’un enfant à haut potentiel qui consulte en ergothérapie reste avant tout un patient d’ergothérapie.

C’est l’esprit de la promesse que je tiens depuis les premières sessions de la Masterclass HPI : des outils concrets, utilisables dès le lendemain en consultation. Pas de théorie hors-sol, des mises en situation tirées de cas réels, et un travail en tout petit groupe qui permet à chacun de venir avec ses propres situations cliniques.

Il y a enfin la question de la légitimité, qui revient dans presque tous les retours. Oser nommer une hypothèse devant des parents, en la présentant comme une hypothèse. Devenir, dans son réseau, la personne vers qui les confrères se tournent quand un profil les interroge. Cette place ne se décrète pas : elle se construit sur des connaissances solides et un périmètre clairement assumé.

Car une bonne formation enseigne aussi ses propres limites. Se former au repérage ne fait de personne un diagnostiqueur : repérer des signes d’appel ouvre une orientation, jamais une conclusion. Le bilan reste l’affaire d’une évaluation psychométrique et clinique complète, menée par un professionnel habilité. C’est même un des points que nous travaillons le plus.

Trois regards de professionnelles formées

Plutôt qu’un long argumentaire, je préfère laisser la parole à celles qui ont suivi la formation.

Chaque parcours est singulier, mais la demande de départ se ressemble : des professionnelles installées, compétentes dans leur discipline, qui voulaient cesser de naviguer à vue face aux profils atypiques de leur patientèle.

La Masterclass HPI 2027 en pratique

La prochaine session aura lieu à Toulouse, en début d’année 2027, dans un format pensé pour des agendas de soignants :

  • Deux soirées : les 7 et 14 janvier 2027.
  • Trois samedis matin : les 23 janvier, 30 janvier et 6 février 2027.
  • Volume : 15 heures de formation certifiantes.
  • Groupe : limité à 8 participants, pour travailler sur les situations cliniques de chacun.
  • À l’issue : référencement « professionnel certifié », visible des familles et des confrères + supervisions gratuites.

À qui cette formation s’adresse

Aux professionnels du soin et de l’accompagnement qui croisent des profils à haut potentiel sans en faire leur spécialité : ergothérapeutes, orthophonistes, psychomotriciens, médecins, infirmiers scolaires, enseignants spécialisés, psychologues souhaitant approfondir ce champ. Le format en petit groupe permet justement de croiser ces regards : c’est une des richesses régulièrement soulignées par les participants.

À garder en tête

Se former au haut potentiel, ce n’est pas ajouter une étiquette à sa boîte à outils. C’est affiner un regard : savoir quand penser à un bilan, comment en parler sans induire, vers qui orienter, et comment rester pleinement dans son rôle. Pour un praticien, la différence se mesure en consultations : moins de doutes solitaires, plus d’orientations justes, et une place reconnue dans son réseau.

Le programme détaillé et les inscriptions sont en ligne sur hpi.cool. Si vous hésitez sur la pertinence de la formation pour votre pratique, vous pouvez aussi me contacter directement : nous en parlerons simplement, et vous saurez à quoi vous en tenir.

Pour la présentation complète de la session, vous pouvez lire l’annonce de la Masterclass HPI 2027 à Toulouse.

Références

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